Louis Nicolas d'Avout, dit Davout, né le 10 mai 1770 à Annoux (Yonne) et mort le 1er juin 1823 est un Maréchal d'Empire, le seul à être invaincu en 1815. Il est l'un des plus grands militaires de l'histoire française.
Il porte les titres d'Empire de duc d'Auerstaedt, prince d'Eckmühl.
Biographie
Il fut élève à l'école de Brienne en même temps que Napoléon Bonaparte, servit comme chef de bataillon sous Dumouriez dans l'armée du Nord. Il fit, en qualité de général de brigade, les campagnes de 1793, 1794 et 1795 aux armées de la Moselle et du Rhin, où il se signala par sa bravoure et son audace. Il se distingua à la bataille de Neerwinden où il tenta d'arrêter Dumouriez qui passait à l'ennemi. Il servit lors des campagnes de 1794-1797 sur le Rhin.
Il fit ensuite partie de l'expédition d'Egypte, accompagnant Desaix dans l'expédition de Napoléon Bonaparte en Égypte, et contribua puissamment à la victoire d'Aboukir. Il fut nommé général de division à son retour en France, il prit part à la bataille de Marengo. Napoléon le promut général de division, lui confiant le commandement de la garde consulaire et en faisant l'un des maréchaux d'Empire en 1804.
IIIe corps
Il prit la part la plus glorieuse aux victoires d'Ulm, d'Austerlitz (1805).Le IIIe corps qu'il dirigeait, après une marche forcée de quarante huit heures, résista lors de la bataille d'Austerlitz à la principale attaque des alliés à près de un contre quatre. Il obtint une victoire brillante lors de la bataille d'Auerstaedt (1806) contre la moitié de l'armée prussienne, plus de deux fois supérieure en nombre. Victoire qui lui valut l'honneur d'entrer le premier dans Berlin.
Il participa aussi aux batailles d'Eylau et de Friedland.
Dans la guerre de 1809 il fut présent à la bataille d'Eckmühl et à Wagram où il fut chargé de l'aile droite. Il fut alors fait duc d'Eckmühl. Sa fille fit plus tard construire un phare dans leur terre en Bretagne. Il s'appelle le phare d'Eckmühl.
Titres
Il fut peu après nommé gouverneur-général du grand duché de Varsovie qui comprenait la surveillance des villes hanséatiques après le traité de Tilsit en 1807 et duc d'Auerstädt. Dans ces fonctions il réorganisa l’armée polonaise et dénonça les activités frauduleuses de Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne en poste à Hambourg. En 1809 il devint prince d'Eckmühl. Napoléon lui confia la tâche d'organiser le « corps d'observation de l'Elbe » qui devint la Grande Armée qui envahit la Russie en 1812.
Ier corps - Campagne de Russie
Commandant ce corps de 70 000 hommes en 1812 il obtint une victoire sur les Russes à Mohilev mais ne parvint pas à encercler l'armée russe de Bagration du fait de la lenteur de Jérôme Bonaparte, chargé de l'aile droite de la Grande Armée. Son cheval fut tué sous lui lors de la bataille de la Moskowa. Lors de la retraite qu'il protégea, Davout pleura la mort de son fidèle général de division, Gudin, tué devant Smolensk. Il assurait, alternativement avec Ney, la retraite de l'armée impériale pendant la terrible retraite de Russie.
Hambourg
En 1813 il commandait l'aile gauche de l'armée française en Allemagne. Victorieux et seul invaincu français de la campagne, il dut, suite aux échecs de ses collègues et de Napoléon lui même, se replier dans le secteur militaire de Hambourg qu'il fit fortifier et approvisionner ce qui permit de tenir un siège d'une année, avec un talent, un courage et une persévérance qui mirent le comble à sa gloire, pour ne capituler en 1814 que sur l'ordre de Louis XVIII après un premier refus où il avait fait tirer au canon sur le drapeau fleurdelisé du roy de France. Il se retira dans ses terres au retour des Bourbons.
Pendant les Cent-Jours il fut ministre de la Guerre. Il reçut le commandement général de l'armée sous les murs de Paris après la bataille de Waterloo à laquelle il n'a pas participé ; il signe un armistice le 3 juillet 1815 et organise l'armée française en deça de la Loire en faisant évacuer tous les objets de valeur du musée d'artillerie. Quand les autrichiens franchissent le fleuve, il lui suffit de les menacer d'une bataille pour que ceux ci fassent chemin inverse, son seul nom, maréchal invaincu, suffisait à faire trembler ses adversaires, même après l'abdication de Napoléon.
Retiré ses terrs, il revint toutefois pour défendre Ney, mis en accusation. Privé de ses traitements, il connut une période difficile avant de recouvrer finalement ses titres en 1817. Il ne parut à la cour de Louis XVIII qu'en 1818, fut nommé pair de France en 1819, et mourut en 1823.
Il fut élu maire de Savigny-sur-Orge de 1822 à 1823 et son fils aussi de 1843 à 1846. Une des places principales porte leur nom.
Napoléon disait de lui "je croyais qu'il m'aimait, mais il n'aimait que la France"