Joachim MuratJoachim Murat, né le 25 mars 1767 à Labastide-Fortunière, (de nos jours Labastide-Murat département du Lot) et mort le 13 octobre 1815 est un maréchal d'Empire et le roi de Naples de 1808 à 1815.
Carrière militaire sous l’Ancien Régime
Fils d'un aubergiste, il s’engage à vingt ans dans les Chasseurs des Ardennes (devenus par la suite 12e régiment de chasseurs à cheval) unité de cavalerie qui recrutait des hommes audacieux. Il fait partie de la garde constitutionnelle de Louis XVI. Il quitte ensuite l’armée.
Carrière sous la Révolution
Il se rengage en 1792, comme fervent partisan des idées nouvelles, et notamment de Marat. Il participe à la répression du coup d'État de Vendémiaire (1795) avec le général Bonaparte, le suit en Italie et parvient à devenir général pendant la campagne d'Égypte. Il joue un rôle crucial à la seconde bataille d'Aboukir où il capture le chef d'armée adverse après avoir essuyé un coup de feu dans la gorge, qui aurait du lui être fatal s'il n'avait pas crié en écartant suffisamment les mâchoires. En effet, la balle lui coupa la calotte, rebondit sur sa colonne vertébrale, pour aller se loger dans ses côtes
Le Consulat et l’Empire
Il participe activement au coup d'État du 18 Brumaire et devient commandant de la garde consulaire. Il se marie avec Caroline, sœur de Napoléon Bonaparte en 1800. Il est élu le 10 novembre député du Lot. Nommé à la place de Junot, en disgrâce, commandant de la première division militaire de Paris, et gouverneur de Paris, il dirige 60 000 hommes. Responsable de la sécurité du gouvernement, il est en relation constante avec Bonaparte. Chargé, par sa fonction, de nommer la commission militaire qui doit juger le duc d'Enghien (condamné par avance), il s'y oppose courageusement. Il fut fait maréchal le 18 mai 1804, grand amiral d'Empire, grand duc de Berg en 1806 et le 6 septembre 1808 roi de Naples.
Meneur de cavalerie brillant et audacieux, il prend une part importante dans les victoires de Napoléon. Participant à la campagne de Prusse en 1806, il mène la terrible poursuite après la bataille d'Iéna et parvient à capturer l'essentiel de l'armée ennemie. Cette campagne s'achève sur ses mots "Sire, le combat cesse faute de combattants". En 1807, il lance la plus grande charge de cavalerie de l'histoire en menant de 10 à 12 000 cavaliers sur le centre russe pour empêcher celui-ci de couper l'armée française en deux. Il participe à la campagne de Russie en 1812 et à la bataille de Leipzig, où il se bat une dernière fois pour l'Empereur.
Le cavalier
Durant toutes ces campagnes, Murat se distingue comme le roi de la cavalerie. Aucun autre général de cavalerie ne l’égale. Ses charges héroïques, qu’il conduit revêtu de ses plus beaux uniformes, et en portant tous ses diamants, son cheval portant des peaux de fauves, marquent le cours des batailles. Cependant, comme beaucoup de maréchaux, il ne sait pas conduire une armée.
Guerre napolitaine
Il obtient cependant un accord avec l'Autriche pour sauver son trône. Pendant les Cent-Jours il déserte ses nouveaux alliés pour tenter de soulever les patriotes italiens. Défait par les Autrichiens à Tolentino, il s'enfuit en Corse après la chute de Napoléon. Dans une tentative de parvenir à Naples il fut arrêté en Calabre et fusillé.
Quand le moment fatal arriva Murat marcha d'un pas ferme vers l'endroit de l'exécution - aussi calme et impassible que si c'était une revue ordinaire. Il n'accepta pas une chaise ni d'avoir ses yeux bandés. « J'ai bravé la mort trop souvent pour la craindre ». Il se tint droit, avec orgueil et sans intimidation, avec contenance vers les soldats; et quand il fut prêt il embrassa un cornélien sur lequel la tête de sa femme était gravé, et dit ces mots : « Sauvez ma face -- visez à mon cœur -- feu ! »