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MARECHAL GROUCHY Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Administrator   
27-05-2006

Emmanuel de Grouchy


Emmanuel, marquis de Grouchy (° Paris 1766, † Saint-Étienne 1847), maréchal d'Empire, comte de l'Empire, Grand Aigle de la Légion d'honneur, Pair de France.

Aristocrate, fils d'officier, sa famille est connue pour être liée aux grands écrivains et penseurs de la fin de l'Ancien Régime. Grouchy passe par l'école d'artillerie de Strasbourg en 1780, il est promu lieutenant d'artillerie en 1781, puis passe capitaine au Royal Étranger Cavalerie avant d'être nommé en 1786 à la compagnie écossaise de la Garde Royale, avec rang de lieutenant-colonel. Rallié aux idées nouvelles, il est le beau-frère de Condorcet par sa sœur Sophie et de Cabanis par son autre sœur Charlotte. Il intègre l'armée et devient colonel en 1792 puis maréchal de camp, et prend part à la conquête de la Savoie. Il défend Nantes contre les vendéens, mais est suspendu comme noble et exclu de l'armée. Il reste discret et passe la Terreur sans encombre, après la chute de Robespierre, il reprend du service.


Nommé général de division, il participe à l'affaire de Quiberon comme chef d'état-major de Hoche. Il part pour l'expédition d'Irlande et revient après l'échec de débarquement. Affecté en Italie sous les ordres de Joubert, il est présent à Novi, mais cerné, il tombe couvert de blessures et fait prisonnier. Echangé après une année de captivité, il proteste par écrit contre l'établissmenet du Consulat, mais est affecté dans l'armée des Grisons en été 1800, il chasse les Autrichiens de l'Engadine. Affecté ensuite à l'armée du Rhin sous Moreau, il s'illustre à Hohenlinden. Il continue vers Vienne, arrive à Steyer où est signé l'armistice. Son amitié avec le général Moreau vaut à Grouchy la suspicion de Bonaparte, qui ne lui donne aucun commandement jusqu'à la campagne de 1805. Après Ulm, il tombe malade et doit quitter sa division pour rentrer en France.

En 1806, il pourchasse les débris de l'armée prussienne après Iéna, contraint Hohenlohe à la capitulation. En 1807, il est à Eylau où il est blessé, il se distingue à Friedland et est nommé Grand Aigle de la Légion d'honneur après la victoire. Il est envoyé en Espagne en 1808 sous les ordres de Murat, il devient gouverneur de Madrid, et réprime l'insurrection de mai 1808. Comte de l'Empire au début de l'année suivante, il participe à la campagne contre l'Autriche. Il décide de la victoire de la Raab, et se couvre de gloire à Wagram, ce qui lui vaut d'être nommé colonel général des chasseurs à cheval de la Garde. Il commande le 3e corps de cavalerie lors de la campagne de Russie, est blessé à la Moskowa, se bat admirablement à Maloyaroslavets sous les ordres de Eugène de Beauharnais et à Krasnoïe. Il prend le commandement du « bataillon sacré », qui protège l'Empereur durant la retraite.

Il se fâche avec Napoléon en 1813, ce dernier voulant le maintenir à la tête de la cavalerie alors que Grouchy souhaite un commandement dans l'infanterie. Il reste fidèle et reprend du service lorsque la France est envahie et prend la tête de la cavalerie de la Grande Armée. Il est à Brienne, à Vauchamps, à la Rothière, à Montmirail, à Troyes et à Craonne, où il est grièvement blessé. À l'arrivée de Louis XVIII, il se rallie et devient inspecteur général de la cavalerie. Mais dès le retour de l'Empereur, ce fidèle parmi les fidèles, est l'un des premiers à le rejoindre et fait prisonnier le duc d'Angoulême. Cet acte lui vaut son bâton de maréchal et d'être nommé pair de France.

Il suit l'armée pendant la campagne de Belgique. Il contribue à la victoire de Ligny le 16 juin, mais, chargé par Napoléon de poursuivre les Prussiens, il exécute cet ordre aveuglément malgré les supplications de son adjoint, le futur général Gérard, et ne comprend que trop tard son erreur de ne pas avoir été présent à Waterloo. Il assurera pourtant le repli en bon ordre après la défaite. Proscrit par Louis XVIII qui ne lui pardonne pas l'arrestation du duc d'Angoulême, il se réfugie aux États-Unis, à Philadelphie où il demeure cinq années. Son titre de maréchal lui a été supprimé et il n'est autorisé à rentrer en France qu'en 1820 au grade de lieutenant général (général de division). Louis-Philippe lui rend ses anciens titres et le nomme en plus pair de France. Il meurt le 29 mai 1847 à Saint-Étienne, de retour d'un voyage en Italie.


Le général Drouet d'Erlon disait de lui : « C'était un de nos officiers généraux les plus distingués, mais il n'avait pas encore commandé en chef et se trouvait, à son début, dans une position des plus difficiles. Dans un commandement aussi important, une grande responsabilité pesait sur lui ; il a cru probablement devoir ne pas dépasser ses instructions et attendre de nouveaux ordres. »

Le commandant Henry Lachouque aura un honnête jugement : « Napoléon avait nommé maréchal et mis à la tête d'une armée Grouchy, l'un des vainqueurs de Hohenlinden, brillant manieur de cavalerie à Friedland, Borodino, en Champagne, et qui venait d'annihiler le duc d'Angoulême, mais n'avait jamais commandé en chef. »

Las Cases rapporte, dans le Mémorial, qu'à Sainte-Hélène Napoléon aurait dit : « Le maréchal Grouchy avec 34 000 hommes et 108 pièces de canon a trouvé le secret qui paraissait introuvable de n'être, dans la journée du 18, ni sur le champ de batallle de Mont-Saint-Jean, ni sur Wavres… La conduite du marechal Grouchy était aussi imprévoyable que si, sur sa route, son armée eût éprouvé un tremblement de terre qui l'eût engloutie. »

Pourtant à Sainte-Hélène, Napoléon finit par confier à O'Meara : « Non, non, Grouchy n'a pas agi avec l'intention de trahir mais il a manqué d'énergie. »

Texte tiré de l'encyclopédie libre Wikipédia
© Copyright auteur(s) de Wikipédia Source : Grouchy

Cet article est sous licence GFDL

Dernière mise à jour : ( 27-05-2006 )
 
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